Resume: du 19-29 janvier 2004

 

Cette semaine, aucune réaction sur les effets de la politique commune de l’UEMOA. Nous aimerions que ce débat soit relancé au même titre que les aspects « développement de la filière » en marche des résultats de recherche. A vos claviers et clics !

Sur le plan "Recherche&Développement" le sujet sur la brucellose et ses implications en santé publique a été abordé. CE problème est marqué par la difficulté des services compétents africains à maîtrise les pathologies infectieuses en général et les zoonoses en particulier. Sur la base d’une étude de cas menée en Mongolie, Roth et al (2003) nous démontrent la rentabilité d’une vaccination du bétail financée conjointement par les services de santé et ceux chargés de l’élevage.

Son application en Afrique est possible dans les exploitations plus ou moins contrôlées et orientées vers la production laitière en zones urbaines et périurbaines. La transmission humaine a été décrite au Mali (Steinmann, et al 2003). Dans ce contexte, le diagnostic différentiel des pathologies fébriles n’est pas réalisé dans nos centres de santé. Les études actuelles et futures devront démontrer aux yeux des décideurs, entre autres, le poids socio-économique et sanitaire de la brucellose.

Sur le plan organisation de la filière, il nous est demandé de nous ressourcer sur le "le miracle mauritanien" : Laitière de Tiviski.

A.     rubrique : Recherche & developpement

 

1.     Exemple de lutte économique contre la brucellose

Par Jakob Zinsstag

Nous venons de publier un article sur l'économie de lutte contre brucellose en Mongolie dans le bulletin de l'OMS du mois de décembre 2003 (Roth et al. 2003, 81 pages 867-876). Ces travaux montrent qu'une vaccination du bétail et le partage des coûts entre les secteurs agricoles et de la santé permettent une lutte rentable contre cette maladie. Est-ce que ce serait applicable à des pays Africains? (L'article sera mis à disposition sur ce site).

2.     Application de la lutte contre la brucellose dans les pays africains

Par Bassirou Bonfoh

Les zoonoses majeures ont longtemps été étudiées (Ex. brucellose) sous l’angle de leur prévalences sérologiques dans plusieurs pays africains. Les recommandations sur les mesures permettant de juguler cette pathologie ont été faites de manière généraliste de type: (i) Eliminer ou abattre les animaux positifs (par qui ? comment ? dans quel contexte socio-économique ?). L'incapacité de nos Etats à subventionner les abattages (comme cela s'est fait de manière appréciable et coûteuse en Europe) est certaine. Les coûts liés à cette pratique n’ont d’ailleurs pas été évalués dans le contexte africain.

 

La situation épidémiologique de la Mongolie peut être comparée à celle de certains pays. Une étude récente (2000-2002) a montré que 30% de produits laitiers locaux (frais ou fermentés) provenaient des élevages où au moins une vache était séropositive à la brucellose. L’impact sur la productivité montraient une perte en production laitière de 20% et une diminution de la fertilité de près de 18% chez les vaches séropositives. La pathologie semblait se focaliser dans les exploitations à fort degré de métissages, alors qu’en zone rurale la prévalence se situait autour de 4,5-10%.

De plus l’incidence de la prévalence de la brucellose chez les patients fébriles, exempts de crise palustre, est de 10%, montrant ainsi les possibilités réelles de transmission à l’homme quelques soit le mode (contact ou consommation de lait cru).

 

La pertinence des recommandations faite par l’équipe de J. Zinsstag, milite pour la prise en compte de la complexité des systèmes d’élevages et de l’environnement socio-économique. Néanmoins, des potentialités de fabrication de vaccins contre la brucellose existent dans la sous région (Bamako, Dakar, Farcha, Niamey…) pour mener une telle campagne. Encore faudrait-il que les médecins prennent conscience de la spécificité de transmission de la brucellose à l’homme pour l’intégrer dans le diagnostic différentiel. Cette pratique pourrait amener les services de santé publique à percevoir le bien fondé du partage des coûts de l’éradication.

 

Dans un premier temps l’utilisation du vaccin pourrait être faite dans les exploitations à objectifs de production laitières où la tradition d’amélioration génétique par le métissage est en plein essor. L’adoption des techniques de traitement thermique du lait doit toujours accompagner les choix techniques d’éradication.

3.     Place de la brucellose dans les priorités de santé en Afrique

Par Abdoul Gamal

Vue dans la perspective d’un technicien, la brucellose est une zoonose majeure qu'il faut considérer comme une contrainte non seulement sur le plan production mais aussi sur le côté santé publique. Combien sont-ils aujourd'hui, ces professionnels (éleveurs, bergers, bouchers, vétérinaires...) à vivre avec la brucellose, considéré à tort par les médecins comme paludisme chronique, rhumatisme…. Je partage l'idée de la quasi-absence d’un diagnostic différentiel pour la brucellose dans nos centres de santé en Afrique. La routine l’emporte sur les spécificités pathologiques !

 

D’un point de vue politique de santé dans nos pays, la brucellose n'est pas prioritaire par rapport aux autres grandes épidémies ou endémies (VIH/ SIDA, pathologies respiratoires ou diarrhéiques, paludisme, tuberculose...). Je ne saurai dire quel rang la brucellose occupe dans le système de classification de l'OMS. Cette situation peut difficilement amener nos autorités compétentes à percevoir la pertinence du problème et dans une moindre mesure entrevoir un quelconque partage des coûts avec les services d’élevages.

 

Aujourd'hui avec la pandémie du VIH/SIDA et son incidence sur la recrudescence de la tuberculose humaine, les décideurs (OMS/ OIE, Ministères en charge des problèmes d’élevage et de santé publique) vont certainement considérer la part de la tuberculose animale dans la complexité des programmes de traitements contre la tuberculose.

4.     Brucellose

Par Jakob Zinsstag

Abdoul Gamal a soulevé une question très pertinente à la quelle nous pouvons seulement répondre par des études représentatives pour identifier le poids effectif de la brucellose. Une études à ce sujet est en route au Mali et montre que la brucellose est réellement sous diagnostiquée parmi les patients fiévreux. (Steinmann et al, 2003). Par contre, l'orientation de la réflexion sur la lutte telle que proposé par Bassirou Bonfoh me semble bonne.

B.     organisation de la filière

 

Transport du lait et augmentation de la production

Par Jakob Zinsstag

Le transport du lait dépend aussi du volume et du degré d'organisation des producteurs. Si les producteurs s'organisent autour d'un transformateur-transporteur, un véhicule, voir même un petit camion pourrait devenir rentable ce qui permettrait de le transporter dans des meilleures conditions. Un des meilleurs exemples à ce sujet est certainement la laiterie Tiviski à Nouakchott qui transporte le lait sur 200 km à partir de Rosso.

 

Par rapport au volume, à court terme je ne vois pas d'autres possibilités que l'utilisation de croisements avec des races exotiques sous condition que la gestion alimentaire et sanitaire peut être assurée.

Publications

 

a.     Integration agriculture-élevage

Nouveau sur le site de l'ITC Gambie: http://www.itc.gm/html/downloads.html

Actualités dans l’intégration agriculture-élevage dans les villes ouest-africaines (Editeurs: O.O. Akinbamijo, S.T. Fall, O.B. Smith). Liivre à télécharger sur le site de ITC

b.     Article sur la lutte contre brucellose en Mongolie

L'article de Roth et al. (2003) est disponible dans la rubrique "pays - institutions - activités" sur la page de l'Institut Tropical Suisse.

 

 

 

La coordination

www.laitsain.com



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